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Burn out : « je n’ai rien vu venir »

Burn Out ! Ce mot anglais, totalement intégré dans notre vocabulaire, tourne régulièrement en boucle dans les médias au fil des événements souvent difficiles. Il a aussi sa place au sein des réunions inter et intra entreprises, dans les réunions syndicales jusqu’aux abords des machines à café. En ce moment il refait surface, comme si le phénomène apparaissait puis disparaissait du paysage du monde du travail… et pourtant !
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Loin de disparaître, le burn out n’est que la résultante d’une longue usure de la machine humaine. Le domaine psychologique et organique sont atteints et plus rien ne permet de garder ce précieux équilibre essentiel à notre vie. Tous les voyants sont passés au rouge, depuis longtemps, sans qu’aucun changement de comportement n’apparaisse, les circuits ont « cramé », la machine est au point mort !
Ainsi que le signale le Docteur François Bauman dans son livre « Burn out, quand le travail rend malade », il s’agit d’une véritable épidémie. Elle touche souvent d’excellents professionnels, très investis, cadres ou salariés, qui ont tous le même ressenti, qu’ils expriment par : « Je n’ai rien vu venir ! »
On a coutume de dire qu’après un bon burn out, on reprend sa vie en main. En plus de manière totalement innovante et inédite. Peut-être pour ceux qui réussissent à reprendre une direction après cette remise à zéro de tous les niveaux. Cependant, beaucoup restent des années en reconstruction, accompagnés par une grande souffrance.
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Faut-il atteindre le burn out pour travailler sans s’épuiser ?
Qui sont les responsables ? Les systèmes de management et donc les dirigeants d’entreprise eux-mêmes ? Le rythme actuel « imposé » par notre société et le besoin de performance à tout prix ? Les victimes elles-mêmes ?
Au point où nous en sommes, il ne me parait pas productif de renforcer encore un peu plus les clivages déjà existants mais plutôt de porter un regard très humaniste sur ce qui se joue au travail en ce moment.
Toutes ces difficultés que nous percevons ou que nous vivons actuellement dans le monde du travail, comme le chômage, les délocalisations, les fermetures de site, nous imposent de bien nous ancrer pour tenir le cap et de décider d’affronter les tempêtes, ou bien de rester au port en attendant le retour de conditions plus favorables… c’est selon !
Quel que soit le choix de chacun, c’est la notion de s’ancrer qui est importante et un retour à un certain bon sens. Il n’est pas question de renforcer l’individualisme ambiant mais seulement de réfléchir à nos objectifs de performance qui nous amènent souvent à pousser nos limites beaucoup trop loin.
Quelques questions à se poser pour prévenir le burn out :
- Est-ce que je suis totalement équilibré(e) dans mes domaines de vie ? Mon travail, ma famille, mon couple, mes relations… ?!
- Quelles sont les conséquences d’un fonctionnement à l’adrénaline dans mon travail sur ma famille, sur mon corps, sur mon sommeil ? Mes comportements sont-ils totalement adaptés à la demande de ma hiérarchie ou bien à celles que je suppose ?
- Qu’est-ce qui est véritablement important pour moi dans chacun de ces domaines de vie ? Quels sont mes besoins ? Quel est le sens de mon implication ?
- A quoi je réponds lorsque je suis si exigent(e) avec moi et si perfectionniste dans mon quotidien ? Est-ce que ma démarche est bien cohérente avec mes valeurs ?
En fait, il s’agit de piloter vraiment sa vie avec le maximum de conscience. Et cette conscience, nous ne pouvons la contacter qu’en identifiant nos émotions, qui ne sont que le baromètre de notre adaptation à notre environnement émaillé de nombreuses contraintes.
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Celles qui peuvent permettre de lâcher le « trop » semble favoriser l’équilibre : la méditation, le yoga, les sports de combat ou peut être le foot, le jogging ou la zumba… C’est au choix de chacun. L’essentiel étant que ce soit un espace de reconnexion aux besoins du corps et donc à ceux de l’esprit.
Beaucoup diront « oui mais je suis bien obligé(e) de travailler le soir en rentrant chez moi. Je dois répondre aux mails le week end, de travailler dur si je ne veux pas me faire virer. J’ai un poste et je ne veux pas le perdre ! » Si vous remettez en cause ce qui est vraiment important pour vous en termes de valeurs, vous vous autoriserez aussi à dire « non » au sur-engagement.
Je postule que seule la responsabilisation individuelle fera changer la société. Ce qui n’exclut pas celle de l’employeur qui est responsable du climat qui règne dans son entreprise. A ce titre, il a donc également quelques questions à se poser. Réfléchir en termes de marque d’attention, d’écoute, de recherche de la confiance, plutôt que continuer la culture de la défiance…
Comme dans un couple en crise, dans lequel la prise en compte des responsabilités de chacun permet de sortir du système victime/bourreau, c’est également dans le milieu professionnel, à tous les acteurs concernés de se poser les bonnes questions, afin d’avancer dans le sens du « Vivre et Travailler ensemble » cher à Patrick Viveret.
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« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ! »



